Johnny Rotten, chanteur des Sex Pistols, groupe étendard du mouvement punk, l'affirme sans tortiller : Malcolm McLaren, manager présumé mais aucunement responsable de l'avènement de ce quatuor à scandale, est responsable de la débâcle annoncée et du décès de Sid Vicious, son bassiste emblématique.
Ceci asséné, L'Obscénité et la fureur apparaît comme un captivant reportage sur la carrière météorique d'un groupe dont la seule velléité revendiquée était d'affirmer sa différence à tout prix. Intime des musiciens survivants et vidéaste aujourd'hui confirmé, Julian Temple, sans pression de McLaren, est seul maître à bord de ce biopic sidérant que Rotten lui-même considère, avec le recul, comme le plus sordide des voyages. Ici mieux qu'ailleurs, toute la vérité est faite sur un mouvement né pour mourir vite dans les souffrances que l'on sait.
Récupéré par une armée de suiveurs, le punk restera comme un courant majeur en ce sens qu'il fit table rase et atomisa le paysage musical de la fin des années 70. Documents d'époque et témoignages récents constituent l'essentiel de cette œuvre montée à la machette par un Temple habité par son sujet (il est l'un des témoins privilégiés de ces quelques mois de tourmente) qui risque de choquer, d'émouvoir ou d'anéantir ceux qui croient que rap et le death metal sont des courants musicaux violents.